Non.
Savoir dire non.
Avec ou sans justification.
Si le verbe est créateur,
le non est architecte,
car il structure.

En excluant,
il dessine les contours,
et sort du tout « oui ».
Dire non c’est choisir,
avoir du pouvoir sur sa vie,
c’est dire « oui » Ă soi.
Celui qui vous ĂŽte le pouvoir de dire « non » vous retire l’essentiel du pouvoir sur votre vie.
« Penser, câest dire non.
Remarquez que le signe du oui est dâun homme qui sâendort ; au contraire le rĂ©veil secoue la tĂȘte et dit non.
Non Ă quoi ? Au monde, au tyran, au prĂȘcheur ? Ce nâest que lâapparence.
En tous ces cas-lĂ , câest Ă elle-mĂȘme que la pensĂ©e dit non.
Elle rompt lâheureux acquiescement. Elle se sĂ©pare dâelle-mĂȘme.
Elle combat contre elle-mĂȘme. Il nây a pas au monde dâautre combat.
Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs dĂ©tournĂ©s, câest que je consens, câest que je ne cherche pas autre chose.
Et ce qui fait que le tyran est maĂźtre de moi, câest que je respecte au lieu dâexaminer.
MĂȘme une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence.
Câest par croire que les hommes sont esclaves.
RĂ©flĂ©chir, câest nier ce que lâon croit.
Qui croit ne sait mĂȘme plus ce quâil croit.
Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. »
Alain, Propos sur les pouvoirs, § 139.
Et vous, savez-vous, pouvez-vous, osez-vous dire non ?
Nathalie
