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Dépendance affective : Comment en sortir ? (Conseils de Laurent Martinez – Psychothérapeute expert en replay)

Dépendance affective : Comprendre et surmonter avec Laurent Martinez | Replay Live #3

Plongez au cœur de la dépendance affective avec le psychothérapeute Laurent Martinez dans ce replay exclusif de notre live YouTube/Spotify.

Une exploration approfondie de ce phénomène qui touche de nombreuses personnes, bien au-delà des relations amoureuses. Dans cette émission, nous identifions les signes de la dépendance affective, ses origines, ses conséquences et surtout, les solutions pour en sortir.

La dépendance affective : un mal invisible mais destructeur

La dépendance affective se manifeste par un besoin excessif de l’autre, une peur de l’abandon et une difficulté à exister seul(e). Ce trouble peut affecter tous les aspects de la vie relationnelle :

  • Relations amoureuses
  • Amitiés
  • Relations familiales
  • Cadre professionnel

Les personnes souffrant de dépendance affective ont tendance à s’oublier, à négliger leurs propres besoins et à faire passer les autres avant elles. Cette recherche constante d’approbation peut entraîner des relations toxiques, de l’épuisement émotionnel et une perte d’identité.

Origines et mécanismes de la dépendance affective

Selon Laurent Martinez, la dépendance affective trouve souvent ses racines dans l’enfance, notamment en raison de :

  • Carences affectives
  • Traumatismes psychologiques
  • Attachement insécure (théorie de John Bowlby)
  • Manque de validation et d’encouragement dans le développement personnel

Ces facteurs conditionnent un besoin excessif de validation externe, menant à une difficulté à s’affirmer et à s’aimer soi-même.

Comment identifier la dépendance affective ?

Si vous vous reconnaissez dans ces comportements, il est peut-être temps d’entamer un travail sur vous-même :

  • Difficulté à être seul(e)
  • Peur irrationnelle de l’abandon
  • Besoin excessif de plaire
  • Manque d’estime de soi
  • Relations souvent asymétriques ou toxiques
  • Anxiété et stress lorsque l’autre prend ses distances
  • Jalousie et possessivité excessive
  • Dépendance émotionnelle et difficulté à poser des limites

Les conséquences de la dépendance affective

La dépendance affective peut impacter gravement la vie quotidienne en menant à :

  • Des relations amoureuses toxiques
  • Une perte d’indépendance et d’autonomie
  • Une négligence de ses propres besoins
  • Un stress chronique et une anxiété relationnelle
  • Une faible estime de soi et un sentiment de vide constant

Comment se libérer de la dépendance affective ?

Laurent Martinez partage plusieurs stratégies efficaces pour retrouver son autonomie émotionnelle :

  1. Renforcer l’estime de soi : apprendre à s’aimer sans validation externe
  2. Apprendre à dire non : poser des limites claires et respectueuses
  3. Pratiquer l’introspection : comprendre ses propres schémas affectifs
  4. Développer des relations saines : privilégier les interactions basées sur l’égalité
  5. Se recentrer sur soi : explorer ses passions et développer son identité propre
  6. Utiliser des outils thérapeutiques : faire appel à un professionnel si nécessaire

Vers une autonomie émotionnelle épanouissante

Guérir de la dépendance affective n’est pas une destination, mais un voyage de transformation personnelle. Chaque pas vers l’autonomie émotionnelle vous rapprochera d’une vie plus sereine et épanouie.

Ce replay est une ressource essentielle pour comprendre et surmonter la dépendance affective. Partagez-le avec vos proches et laissez-nous vos questions et témoignages en commentaire !

Les grandes lignes du dialogue sur la dépendance affective

Nathalie : Bienvenue à tous pour ce nouveau live avec notre ami Laurent Martinez, psychothérapeute. Le thème qui est sorti en priorité suite à votre vote est celui de la dépendance affective.

Laurent : Merci pour ton accueil. La dépendance affective est un sujet que je connais bien et que j’aborde depuis longtemps. Je la considère comme une sorte de « maladie occidentale », même si elle n’est pas exclusive à l’Occident. C’est un sujet crucial qui s’incruste dans le quotidien de tout le monde.

Nathalie : Tu dis que c’est très occidental. Peux-tu préciser pourquoi ?

Laurent : Je ne voulais pas spécifiquement pointer la culture occidentale, c’est simplement celle que je connais et dont je suis coresponsable. Ce que je veux surtout dire, c’est que c’est un enjeu culturel. Il existe des cultures où la dépendance affective n’existe pas.

Je pense que ça procède de comment on accueille les enfants. Quand on cherche, en tant que thérapeute, l’origine des dépendances affectives, on arrive presque toujours à la relation avec les parents. Notre façon de faire famille, d’accueillir les enfants pose problème. On valide la dépendance affective comme si c’était normal d’être attaché. On n’a pas ce réflexe de dire qu’on pourrait faire mieux, faire plus intelligemment.

Je me demande s’il existe un occidental qui n’est pas dépendant affectif, au moins au début de sa vie.

Nathalie : C’est une assertion assez radicale. Pourquoi te permets-tu d’être aussi catégorique ?

Laurent : Soit ce que je dis décrit le réel, soit il n’y a que des dépendants affectifs qui viennent me demander de l’aide depuis bientôt un quart de siècle. On a ce rapport affectif aux choses comme si tout était un doudou. On commence la vie avec des peluches pour remplacer les parents quand ils ne sont pas là, et ensuite tout devient un doudou.

La dépendance affective, c’est ce vécu d’insécurité affective permanente. C’est le sentiment que quand je suis avec moi-même, je ne suis pas complet. Je vais donc transposer ça sur un conjoint, une conjointe, mais ça peut se transférer sur tout : des animaux, les enfants, le travail, la religion…

C’est ce rapport affectif aux choses au lieu d’être dans une relation d’amour au sens spirituel. Dans l’idéal, on est aimant avec les êtres vivants qu’on rencontre. À l’opposé, il y a le rapport affectif où je ne suis pas en relation en tant qu’être qui interagit avec un autre être. On n’est pas deux individus indépendants et complets qui interagissent.

Nathalie : On confond souvent les conséquences de la dépendance affective avec la dépendance elle-même, n’est-ce pas ?

Laurent : Exactement. La dépendance affective, c’est un vide intérieur, un état d’insécurité qui va produire plein de comportements. C’est cet état d’insécurité qu’il s’agit de comprendre.

Il y a deux formes principales de dépendance affective. La première, la plus connue, c’est « la ventouse » : je ne peux pas vivre sans l’autre, j’ai besoin de fusion. La seconde, c’est ce que j’appelle « le distant saboteur » : la personne a tellement peur de se retrouver rejetée ou non aimée qu’elle sabote les relations et ne s’engage pas. C’est ce qu’on appelle aussi la peur de s’engager.

Le distant saboteur ne prend pas le risque de vivre la souffrance d’être rejeté ou quitté. Il préfère ne pas vivre l’attachement plutôt que de perdre l’attachement. Beaucoup de gens croient avoir dépassé leur dépendance affective parce qu’ils sont indépendants, mais c’est une forme de dépendance affective.

Nathalie : Chez les occidentaux, la dépendance affective vient souvent d’un manque d’amour inconditionnel dans l’enfance, n’est-ce pas ?

Laurent : Oui, mais pour moi, l’origine de la dépendance affective, c’est un moment précis où un humain bascule. Prenons une métaphore : est-ce que tu as besoin d’air là, maintenant ?

Nathalie : Tout à fait, si je n’en ai pas, je meurs.

Laurent : Est-ce que ça te stresse ? Est-ce que tu t’inquiètes de pouvoir respirer dans 30 secondes ?

Nathalie : Non, pas du tout.

Laurent : Voilà, c’est important de distinguer le besoin et le manque. Tu as besoin d’air, un besoin absolu, mais tu n’en manques pas. Tu ne vis pas l’expérience du manque d’air. Tu vis l’expérience simple, non stressante, d’avoir besoin d’air.

Pourquoi n’es-tu pas stressée ? Parce que tu as confiance en ton accès à l’air et en ta capacité à y accéder. Maintenant, imagine que je te mette un sac en plastique autour de la tête. Là, tu vas vivre le manque et tu vas stresser.

Face à cette situation de manque, tu as deux façons de l’interpréter. La première est de comprendre que c’est moi qui te prive d’air, que le problème est extérieur à toi. Tu vas te dire que je suis fou et tu vas t’assurer qu’aucun autre abruti ne te mette un sac sur la tête.

La seconde façon est de ne pas avoir conscience que c’est à cause de moi que tu manques d’air. Tu vas douter de toi, te demander si tes poumons fonctionnent bien, pourquoi tu n’as plus d’air, si tu mérites d’avoir de l’air. Tu vas intégrer cette expérience comme si tu avais un problème alors que c’est l’environnement qui est en cause.

Si tu vis cette expérience de la seconde façon, pour le reste de ta vie, tu seras dans une dépendance affective à l’air. Tu seras en permanence dans la peur de manquer, bien qu’en réalité il y ait toujours de l’air comme avant et que tu y aies toujours accès.

C’est exactement la même chose qui constitue la dépendance affective. Quand je suis enfant et que je me retrouve en situation de manquer d’affection, si j’interprète que c’est moi qui ai un problème au lieu de voir que c’est mon parent qui dysfonctionne, je vais développer une dépendance affective.

Nathalie : Tu dis qu’on est comme « coincé » dans nos familles. Je fais le même constat. C’est très compliqué pour un enfant d’échapper à des maltraitances ou à une forme de carence.

Laurent : Ce n’est pas difficile, c’est impossible et même illégal ! C’est pourquoi c’est un enjeu culturel. Un enfant qui est maltraité par un parent sera souvent forcé par la justice à continuer à voir ce parent, juste parce que c’est son géniteur.

Nous ne sommes pas dans une culture où on se dit : « Mon enfant a besoin d’amour, c’est normal qu’il passe du temps avec le voisin qui lui donne cela. » On formate les enfants vers un amour exclusif qui n’est plus de l’amour mais de l’appropriation.

Nathalie : Il y a peut-être des intérêts d’organisation sociétale pour faciliter la gestion, pour que le géniteur soit automatiquement le parent.

Laurent : Je suis d’accord. Notre priorité en tant que culture n’est pas l’amour, le bonheur, la simplicité, la solidarité, le partage. Nos priorités sont de trouver un emploi et de faire fonctionner un système. Nous avons créé un système dont nous sommes les esclaves, où l’humain n’est plus au centre.

Cette situation est d’une absurdité monstrueuse, mais nous faisons comme si nous ne pouvions pas faire autrement. Or, nous pourrions faire autrement, et assez facilement.

J’ai vu une expérience comparant des singes et des enfants face à une énigme. Quand la solution change, les singes s’adaptent rapidement en remettant en cause leur conditionnement, alors que les humains continuent à appliquer l’ancienne méthode. Nous avons du mal à sortir d’un conditionnement une fois que nous l’avons appris.

Nathalie : Parlons des théories de l’attachement. Quel est ton point de vue sur Bowlby et les styles d’attachement ?

Laurent : Pour moi, il y a deux axes. D’un côté, la théorie de l’attachement, et de l’autre, l’approche freudienne. Pour Freud, l’enfant est à formater car il va faire des bêtises. Il faut le sevrer de force pour le rendre indépendant.

À l’opposé, la théorie de l’attachement dit qu’il faut donner à l’enfant tout l’attachement dont il a besoin jusqu’à ce qu’il se détache naturellement. Si vous forcez un enfant à être autonome, vous ne le rendrez pas autonome, vous détruirez sa confiance en lui et en les autres.

Je suis convaincu par la théorie de l’attachement et pas du tout par l’approche freudienne. Mais chacun son approche. L’important est d’être clair et honnête sur ce qu’on fait, d’autoriser que les autres fassent autrement.

Je suis assez radical anti-idéologie. Pour moi, toutes les idéologies sont comme des doudous déconnectés du réel. Un enfant n’a pas besoin de ses parents, il a besoin d’amour et il va vers l’amour. Si on ne l’empêche pas, il va vers l’amour.

Nathalie : Une personne nous demande s’il y a un lien entre la dépendance affective et la jalousie.

Laurent : Forcément, la dépendance affective augmente le risque d’être jaloux. La jalousie est une émotion, pas un comportement. On n’est pas obligé, parce qu’on ressent de la jalousie, de se comporter de façon jalouse. On est des adultes.

Si vous voulez comprendre l’origine de votre jalousie, faites une échelle émotionnelle. Intéressez-vous à savoir pourquoi vous avez cette émotion, d’où elle vient.

Nathalie : Comment peut-on sortir de la dépendance affective à n’importe quel âge ?

Laurent : Oui, on peut en sortir n’importe quand. La manière de sortir de la dépendance affective n’est pas liée à l’âge, mais à la conscience. Il s’agit d’arrêter de contrôler les autres et de se contrôler soi-même pour contrôler les autres.

Acceptez que pour les autres, vous puissiez être nul, con et moche. Prenez au sérieux ce que je vous dis. Si vous acceptez cela, tout le temps, dans toutes les circonstances, vous sortirez de la dépendance affective.

Cela peut avoir des conséquences énormes : vous pouvez perdre votre emploi, votre partenaire peut vous quitter. Mais si vous voulez sortir de la dépendance affective, acceptez que les autres aient le droit de penser ce qu’ils veulent de vous.

Nathalie : Comment savoir si l’on est dans la dépendance affective et, si c’est le cas, comment sortir du déni pour l’accepter ?

Laurent : Si vous n’arrivez pas à aller dans la rue et être complètement vous-même librement, c’est que vous êtes dépendant affectif. Ce n’est pas blanc ou noir, nous en avons tous plus ou moins des degrés.

Allez dans la rue, soyez vous-même et voyez si vous arrivez à le faire. Si vous êtes en sécurité ou pas. Il ne peut rien vous arriver de grave dans la rue, je ne vous propose pas de faire quelque chose de dangereux, juste d’être vous avec un public non choisi.

C’est l’expérience ultime pour voir si vous avez besoin de contrôler ce public ou si vous acceptez ce qu’il va penser de vous.

Nathalie : Pourrais-tu conclure en distinguant l’attachement de l’amour ?

Laurent : L’attachement n’est pas de l’amour, et l’amour n’est pas de l’attachement. L’alternative à l’attachement n’est pas le détachement mais l’amour. L’attachement et le détachement sont les deux faces d’une même médaille.

Pour moi, conscience et amour sont synonymes. Le mot que je préfère pour les décrire est « attention ». Être attentionné, c’est l’amour.

Si je suis attentif à un buisson pendant une demi-heure, c’est de l’amour. Je mets mon attention, ma présence au buisson. Je ne reçois pas d’affectif en retour, je reçois de la connaissance. Je remarque peut-être les habitants du buisson, je vois comment la lumière change.

Le dépendant affectif, ou la personne qui confond amour et attachement, veut se remplir, veut qu’on lui donne de l’amour. L’ironie, c’est que dans le vrai amour, celui qui reçoit n’est pas celui qui est aimé, mais celui qui aime.

Quand j’aime, je reçois de la connaissance, pas des choses pour mon ego. L’être se nourrit de cette connaissance, qui fait grandir votre sagesse, votre maturité, votre compréhension.

Personne ne reçoit l’amour, car l’amour n’est pas quelque chose qui se donne. On peut donner une bague, un câlin, écouter quelqu’un, mais ces gestes peuvent être faits par amour ou par manipulation. L’amour n’est pas le cadeau ou la tendresse, mais l’état dans lequel était la personne qui vous l’a donné.

Nathalie : Merci infiniment Laurent pour tous ces éclaircissements sur la dépendance affective, l’attachement et l’amour.

Laurent : Honorons tous les gens qui ont envie d’être la meilleure version d’eux-mêmes. Ce sont eux qui construisent une meilleure société.


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Nathalie


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