Le personnage de fiction qui me ressemble le plus ?

Quel personnage de fiction vous ressemble le plus ?

Dr House. Sans la canne, avec Google Agenda.

J’aurais pu répondre Hermione Granger.


Travailleuse, curieuse, toujours un livre à portée de main, légèrement agacée quand les autres n’ont pas lu les consignes.


C’était flatteur. Presque crédible.
Mais pas tout à fait honnête.
Le personnage de fiction qui me ressemble probablement le plus, c’est le Dr House.


Je précise immédiatement que je ne prends pas de Vicodin, que je ne joue pas de la canne dans les couloirs et que j’essaie généralement de dire bonjour avant d’annoncer à quelqu’un que son raisonnement ne tient pas debout.
Généralement.


Les symptômes m’intéressent moins que le véritable problème


Une personne vient me voir parce qu’elle veut changer de métier.
Une entrepreneure pense qu’elle manque de visibilité.
Une dirigeante croit qu’elle doit mieux s’organiser.
Un prospect affirme qu’il n’a pas le temps.


Très souvent, le problème annoncé n’est pas le problème réel.
Le projet de reconversion masque parfois une envie de quitter un environnement devenu invivable.
Le manque de visibilité cache une offre incompréhensible.
Le problème d’organisation est parfois une incapacité à renoncer.


Et le manque de temps signifie régulièrement : « Je n’ai pas décidé que ce sujet était prioritaire. »
C’est là que mon côté House apparaît.
Je pose des questions. Beaucoup.
Je cherche les incohérences, les contradictions et les petites phrases prononcées comme si elles n’avaient aucune importance.


« Mon travail se passe bien, mais je pleure chaque dimanche soir. »
« Mon offre est claire, mais personne ne comprend ce que je vends. »
« Je veux développer mon entreprise, mais je refuse de vendre. »


À ce stade, inutile de prescrire une nouvelle méthode de productivité ou de changer la couleur des boutons du site Internet.
Il faut établir le bon diagnostic.

Je ne crois pas beaucoup aux réponses confortables


House a une conviction assez simple : tout le monde ment.
Je serais moins radicale.
Disons plutôt que nous sommes très doués pour fabriquer des explications qui nous permettent de continuer exactement comme avant.
Nous appelons cela être raisonnable.
Nous expliquons que ce n’est pas le bon moment, que le marché est compliqué, que les autres ont davantage de réseau, que l’algorithme nous déteste ou que Mercure rétrograde dans la maison du chiffre d’affaires.


Parfois, les contraintes sont réelles.
Parfois, nous avons surtout construit un dossier de 47 pages pour éviter de prendre une décision inconfortable.
Mon travail n’est pas de confirmer toutes les histoires que l’on me raconte. Il consiste à identifier celles qui protègent et celles qui enferment.
Cela ne me rend pas toujours reposante.


Mais on ne vient généralement pas me voir pour être bercé par le doux bruit de ses propres excuses.

J’aime comprendre comment les systèmes dysfonctionnent


Une carrière, une entreprise, une stratégie de visibilité ou une relation à l’argent fonctionnent comme des systèmes.


Un élément apparemment secondaire peut bloquer tout le reste.
Une offre mal positionnée rend la prospection pénible.
Une peur de déranger transforme chaque publication LinkedIn en dissertation administrative.
Une croyance sur l’argent pousse une personne compétente à facturer comme si elle devait présenter ses excuses d’exister.


Un métier choisi vingt ans plus tôt continue parfois à gouverner une vie qui a pourtant complètement changé.
Je peux donc passer d’un bilan de compétences à une stratégie SEO, d’un projet de reprise d’entreprise à une séance d’hypnose, puis enregistrer une émission de radio sur la reconversion.
Vu de l’extérieur, cela ressemble à une accumulation de métiers.


Pour moi, le fil conducteur est toujours le même : comprendre ce qui bloque, puis agir au bon endroit.
Pas repeindre le voyant rouge.
Réparer le moteur.

Le cynisme, oui. Le désespoir, non.


Le Dr House observe les comportements humains avec un cynisme assez spectaculaire.
Je reconnais une légère parenté.
Après plusieurs années à écouter les discours sur le travail, l’argent, le management et l’entrepreneuriat, il devient difficile de conserver une foi intacte dans les slogans.
« Quand on veut, on peut. »
Non.
Quand on veut, on peut parfois. À condition d’avoir du temps, des ressources, une santé compatible, un entourage qui ne sabote pas le projet et une réalité économique vaguement coopérative.


« Il suffit de sortir de sa zone de confort. »
Certaines personnes devraient surtout sortir de leur zone d’épuisement.
« Faites de votre passion votre métier. »
Excellente méthode pour transformer une passion en tableau Excel prévisionnel.


Le cynisme peut servir à détruire les illusions. Il devient inutile s’il ne permet pas ensuite de construire quelque chose de plus solide.
Je préfère la lucidité opérationnelle au pessimisme décoratif.

La différence avec House


Moi aussi, parfois. Je travaille dessus.
Mais avoir raison ne suffit pas.
Une analyse brillante qui ne change aucune décision reste une distraction intellectuelle. Une stratégie parfaite que personne n’applique finit dans un dossier Google Drive, entre « version finale » et « version finale définitive 2 ».


Le but n’est donc pas seulement de découvrir ce qui ne va pas.
Il faut trouver ce que la personne est réellement prête à faire, avec ses contraintes, son énergie et ses contradictions.


Pas dans une vie idéale.
Dans la sienne.
Alors oui, le personnage de fiction qui me ressemble le plus est probablement le Dr House.


Avec un peu moins de misanthropie, davantage d’hypnose et une obsession légèrement préoccupante pour les documents bien nommés.


Et contrairement à lui, je crois que les gens peuvent changer (s’ils le veulent).


À condition d’arrêter de traiter les symptômes en espérant que le problème se lasse avant eux.

Et vous à quel personnage ressemblez-vous, pourquoi et dans quelles limites ?

Nathalie

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Nathalie Aufrère

Consultante en évolution professionnelle, coach professionnelle et hypnopraticienne à Trélissac, près de Périgueux, et à distance.

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